Comment être gentil sans être faible ?

La limite peut parfois paraître un peu trouble entre ces deux notions pour certaines personnes.

Est-ce votre cas ?

Alors nous tenterons d’apporter le maximum d’éclairage pour qu’à la fin de cet article, il vous soit possible de répondre à cette question : Comment être « gentil » sans être « faible » ?

« Dans la vie il faut s’imposer »

« le monde de l’entreprise, c’est la jungle »

« il faut savoir jouer des coudes »

« trop bon trop con »

J’entends très souvent ce genre de remarques de la part de mes clients et c’est une thématique sur laquelle je reviens régulièrement lors de mes formations, car il semblerait qu’un amalgame soit fait entre ce qu’est être « gentil » et être « faible ».

En effet, il est déjà important de se poser la question de ce qu’on entend par « gentil » et « faible ».

Une personne gentille, telle que la majorité peut l’entendre, est une personne polie, agréable, qui rend facilement service et est souvent d’accord avec les décisions prises…et qui n’ose pas s’affirmer. Dans le monde professionnel, elle est d’ailleurs souvent vue comme suspecte, car potentiellement intéressée (ex : un salarié amadoue son N+1 pour pouvoir lui demander une augmentation).

Or, est ce que le fait d’adopter ces différents comportements signifie être faible ? je ne crois pas mais tentons de comprendre pourquoi nous avons tendance à penser que gentillesse est égale à faiblesse…

Pourquoi cet amalgame gentillesse = faiblesse ?

Remontons à notre enfance…

Dans la société dans laquelle nous évoluons et avons grandis, on nous a appris très jeune à ne pas parler aux étrangers, on nous a répété qu’il fallait s’imposer car la vie était dure, que nous devions nous montrer fort, sinon ce serait quelqu’un d’autre qui prendrait notre opportunité, notre place..

On nous a appris à être défensifs, voir offensifs, à être mis en compétition les uns avec les autres dès l’école.

Bref, notre société a produit des personnalités dites « sois fort » selon le terme utilisé par Taibi Kahler, psychologue et créateur du concept d’Analyse Transactionnelle, et donc des personnes ayant aujourd’hui, à l’âge adulte, des difficultés à déléguer, à écouter et parler de leurs émotions (sans parler de pleurer !!! n’est-ce pas Messieurs ? 😉 mais ceci fera l’objet d’une autre article..)

Or, sachez qu’il faut beaucoup de force à une personne pour comprendre l’émotion qui la traverse et du courage pour le partager!!

C’est un peu Koh Lanta en fait si vous voulez mon opinion… car parler d’émotions c’est comme si je me trouvais sur une île sauvage (mon monde intérieur) et que du jour au lendemain, on me demandait de l’explorer sans guide de survie, sans boussole et de faire des trucs bizarres…bref, vous avez compris l’idée.. ça peut vite faire peur !

Rappelons que c’est la peur de perdre le contrôle, d’être défavorisé, de perdre quelque chose qui nous fait nous sentir faible.

Or, être gentil ne nous enlève rien. Bien au contraire.

Il est tout à fait possible d’être gentil et de s’affirmer!

La nuance sur laquelle j’aimerais insister consiste à faire la distinction entre gentillesse sincère et manque d’affirmation de soi.

En effet, on peut tout à fait être gentil vis-à-vis de l’autre et pour autant être une personne affirmée, sachant reconnaître ses besoins, ceux des autres, et savoir mettre des limites.

Vous serez d’accord qu’un manager qui n’ose pas refuser le jour de RTT au salarié alors que cette absence va ralentir la production de l’équipe qui travaille sur un appel d’offre important et urgent…. ce n’est pas la bonne attitude !

Mais à l’inverse, ce même manager peut très bien accorder ce jour de RTT tout en s’assurant que le travail sera bien remis à temps ou bien négocier un autre jour.

Les 3 astuces pour rester gentil sans être faible

1-   Dépassez vos vieilles croyances limitantes

Continuer à penser qu’il faut se battre pour réussir ne vous apportera que fatigue et stress. Aujourd’hui, vous êtes adulte, et possédez le pouvoir de changer les choses par la force de votre pensée.

Remplacez ces phrases néfastes par des affirmations positives et encourageantes du type « je me prépare à toute nouvelle opportunité », « la vie m’apporte ce dont j’ai besoin », « je suis ouvert et généreux », « les autres me respectent pour qui je suis »…

Entraînez-vous à modifier votre mode de pensées..vous verrez..

..un jour vous déclarerez avec enchantement :

 « rien n’a changé… et pourtant, TOUT a changé ! ».

2- Soyez cohérent dans vos messages

J’encourage mes clients à être toujours plus serviables, polis, ouverts intellectuellement et émotionnellement et surtout qu’ils le fassent de manière sincère ! Ce sont en effet des qualités requises pour favoriser la confiance, la cohésion dans l’équipe et continuer à entretenir un lien positif avec chacun de ses collaborateurs sur la durée. Un manque de sincérité se ressentira.

Restez donc en cohérence entre vos paroles et vos actes.

3-   Sachez identifier vos besoins et ceux des autres

Si vous n’avez pas clairement identifié vos propres besoins, il est certain que vous vous sentirez menacé et envahi par les besoins des autres qui sauront peut être mieux les exprimer que vous. Au lieu donc d’être en accord systématique avec vos collaborateurs par peur d’ouvrir le conflit, il vous faudra une touche de courage, cet outil en 4 étapes et beaucoup de pratique (!) pour poser vos limites et partager votre avis de manière posée et affirmée :

1 Rappeler les faits

2 Décrivez vos sentiments

3 Proposez une solution

4 Concluez en valorisant le gain réciproque

Exemple :

« Tu me demandes un jour de RTT alors que nous sommes en pleine réponse à un appel d’offre sur lequel ta contribution est importante.

Je suis vraiment embêté car j’aimerais pouvoir te l’accepter, mais tu comprendras que l’équipe a besoin de toi cette semaine.

Ce que je te propose c’est de reporter cette journée à la semaine prochaine lorsque la réponse à l’AO sera envoyée, quitte à partir plus tôt vendredi si nous finissons plus rapidement que prévu.

Qu’en penses-tu ? »

Généralement, la notion de faiblesse apparaît lorsqu’on ressent un complexe ou que l’on souhaite consciemment ou inconsciemment avoir le contrôle sur les événements et les personnes.

Or, travailler sa gestion du stress, son niveau de perfectionnisme et les exigences qu’on s’inflige, peuvent nous aider à lâcher prise sans perdre notre personnalité !

Conclusion

Vous l’aurez compris, c’est un travail loin d’être évident et rapide.

Cependant, en cultivant la pensée que vous êtes capable de changer, d’allier la gentillesse et l’affirmation de soi comme étant deux notions complémentaires et non opposées, alors attachez votre ceinture, car vos relations managériales et personnelles vont s’améliorer à vitesse grand V !

Et vous, qu’en pensez-vous?

Amicalement,

Laure-Alessia

J’espère que cet article vous a plu et guidé dans votre réflexion pour trouver un équilibre dans vos relations professionnelles et rester gentil tout en vous affirmant. N’hésitez pas à partager s’il vous a paru de qualité et pourrait aider un.e confrère/consoeur ou ami. Merci!

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